Aerofleet a conçu les coupoles pour le VLT

Soumagne La société Aerofleet a conçu le dôme de protection en matériaux composites Le télescope liégeois bientôt sous sa coupole.

La firme liégeoise Amos fournira trois télescopes à l'observatoire européen en construction au Chili. Ce spécialiste en optomécanique établi au Sart-Tilman travaille en sous-traitance avec Aerofleet.

Le plus grand télescope du monde est actuellement en construction au nord du Chili, à Cerro Paranal, dans le désert de l'Atacama, à 2.635 mètres d'altitude. La société liégeoise Amos («Advanced Mechanical and Optical Systems») et son sous-traitant Aerofleet, basé à Soumagne, y participent: les premiers livreront avant la fin de 2003 trois télescopes mobiles dont les coupoles de 5 mètres de diamètre auront été conçues par les seconds. Aerofleet a montré, lundi, dans ses ateliers à Soumagne, le premier de ces hémisphères de protection, avant son transport chez Amos où se fera l'assemblage final.

C'est en effet l'ESO («European Southern Observatory»), une organisation intergouvernementale en faveur de la recherche astronomique réunissant neuf pays (1), qui est à l'origine de ce projet baptisé «Very Large Telescope» (VLT). Sur le site sud-américain seront interconnectés quatre grands télescopes dont le miroir primaire a un diamètre de 8,20 mètres et trois télescopes auxiliaires (diamètre: 1,80 m). Objectif: combiner leurs faisceaux. La résolution ainsi obtenue égalera celle d'un télescope de 150 mètres de diamètres: c'est la technique de l'interférométrie. Grâce à quoi les astronomes observeront l'évolution des galaxies, la formation d'étoiles, les confins du système solaire ou d'autres systèmes planétaires. Ou pourraient, par exemple, distinguer un «Soir» déplié à la surface de la Lune.

«La coupole doit pouvoir résister à des vents de 250 km/h»

L'observatoire européen a fait appel au savoir-faire liégeois. Amos a décroché le contrat de fabrication des trois télescopes auxiliaires (jusqu'au polissage des optiques) d'un montant d'environ 13 millions d'euros. ESO ayant exigé que le poids de chacun soit inférieur à 30 tonnes, la firme du parc scientifique du Sart-Tilman a décidé de confier la construction des coupoles à Aerofleet, spécialisé notamment dans les matériaux composites de «haute technologie» (2). L'ESO a fixé des contraintes d'ordre mécanique et thermique. La coupole doit pouvoir résister à des vents de 250 km/h, c'est-à-dire à une pression de 28 tonnes. Il fallait aussi résoudre les problèmes de dilatation due aux variations de température (NDLR: la température à Cerro Paranal oscille entre moins 8o et 25o ), a indiqué le directeur d'Aerofleet, Raphaël Van Vlodorp - qui avait fait parler de lui il y a une dizaine d'années en créant le premier catamaran belge. Pour alléger la structure, Aerofleet a utilisé des composites «hautes performances» associant fibres de verre, carbone ou aramide avec des résines époxydes, dont la résistance mécanique est bien supérieure à celle des matériaux conventiels.

Après la présentation, lundi, de la première des coupoles de protection dans les ateliers d'Aerofleet, ce sera au tour d'Amos de dévoiler dans quelques mois le premier des télescopes mobiles destinés au Chili. Ce sera une première mondiale à Liège.

(1) Allemagne, Belgique, Danemark, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède et Suisse. Consulter www.eso.org.

Lien vers le journal Le Soir